L’autonomie, l’indépendance ou la dépendance

Comment vous sentez-vous dans votre vie, êtes-vous indépendant, êtes-vous autonome ou dans une
relation de dépendance ?
Je précise que je vais écrire au masculin pour plus de facilité mais cela s’adresse également aux
femmes bien évidemment.
Révisons un peu de théorie pour comprendre ce qu’est vraiment l’autonomie, spécifiquement
affective par rapport à l’indépendance. Ces définitions sont celles que j’ai appris à l’école Ecoute ton
Corps.
Une personne AUTONOME est celle qui a la faculté d’agir librement et surtout de pouvoir décider
par elle-même de ce qu’elle veut.
Ce qui la différencie de la personne indépendante, c’est que si elle n’arrive pas à satisfaire ses
besoins par ses propres moyens, elle est capable de faire ses demandes et de solliciter de l’aide si
besoin.
De plus, lorsqu’elle demande de l’aide, elle accepte de se faire dire non, car elle ne dépend pas
d’une personne en particulier. Elle trouvera quelqu’un d’autre pour l’aider en cas de refus.
La personne INDEPENDANTE est en réaction à la dépendance. Elle ne veut pas admettre qu’elle
puisse être dépendante au plus profond d’elle-même. Elle décide donc de devenir indépendante,
c’est-à-dire de ne compter que sur elle-même. Elle ne s’autorise à demander de l’assistance que
dans une situation d’extrême urgence car, pour elle, réclamer de l’aide signifie être perçue comme
étant quelqu’un de dépendant ou de faible.
Si on lui refuse cette aide, elle vit énormément de colère parce que cela lui confirme qu’elle ne peut
compter que sur elle-même.
La personne DEPENDANTE s’attend à ce que ses désirs ou ses besoins soient pris en charge par les
autres. Elle est convaincue qu’elle est incapable d’y arriver par elle-même. Elle a une piètre image
d’elle-même, ce qui a pour effet qu’elle n’arrive pas à s’estimer et à avoir confiance en elle. Elle se
sent impuissante lorsque son manque affectif n’est pas pris en charge par une autre personne. Elle
vit beaucoup d’attentes et d’émotions dans ses relations avec les autres.
Maintenant que nous avons révisé ces notions, que pouvons comprendre sur nos relations de couple
ou nos relations avec les autres en général.
Je vais vous parler de mon expérience et de mon évolution personnelle.
Lorsque j’étais plus jeune, entre 20 et 25 ans, j’étais indépendante, je voulais tout faire seule et
demander de l’aide était pour moi une faiblesse. Je ne voulais surtout plus dépendre de mes parents
et je pensais mener ma vie professionnelle et personnelle en toute indépendance. J’avais MON
appartement, je gérais mon argent et je ne demandais à personne l’autorisation de dépense MON
argent comme je le voulais. J’étais donc en forte réaction à la dépendance et j’étais dans un extrême.
Lorsque j’ai eu 28 ans j’ai rencontré mon mari, j’ai basculé dans l’autre extrême, celui de la
dépendance relationnelle et affective. J’ai placé tout de suite mon mari sur un piédestal et je me
devais de lui demander son avis pour toutes décisions, je devais dépenser l’argent seulement avec

son aval. J’avais décidé inconsciemment que cette relation ne pouvait fonctionner que si je me
plaçais en dessous de mon mari et que lui étais en charge de ma vie.
Cette relation a continué comme cela pendant plusieurs années puisque j’avais la croyance très
ancrée, qu’une femme mariée était dépendante de son mari et que lui avait plus de pouvoir, parce
que c’était un homme. Puisque cette croyance était ma réalité, un couple marié ne pouvais que
fonctionner ainsi.
Au fond de moi cette dépendance ne me convenait pas, je rêvais d’être indépendante à nouveau.
Malheureusement, lorsque l’on a passé près de 15 ans à se laisser diriger, à permettre d’être
contrôlée pour quasi tout par son conjoint, comment être confiante de pouvoir se débrouiller seule,
de pouvoir décider seule ?
Comme ma dépendance ne me convenait pas au plus profond de moi, dès que mon mari semblait
dépendant de moi, cela m’était insupportable et je le critiquais beaucoup.
Ce genre de relations de dépendance se manifeste à plusieurs niveaux, on peut être dépendant de
-De l’opinion ou de l’accord de l’autre, nous n’acceptons pas notre différence et nous nous
sentons aimé que lorsque l’autre est d’accord avec nous.
-Des compliments de l’autre, on parle alors de tout ce que l’on a fait de bien. Lorsque nous
plaisons aux autres, nous nous sentons aimés.
-De la reconnaissance de l’autre, nous adorons que l’on reconnaisse nos compétences, nos
talents, nous nous sentons aimés en étant important.
– De la présence de l’autre, nous ne pouvons pas faire quoique ce soit en étant seul, nous
avons besoin de nous sentir soutenu par l’autre, cela nous apporte de la sécurité. Nous
sommes incapables de nous donner de la sécurité en étant sans l’autre à nos côtés.
– De l’attention de l’autre, nous cherchons à être le centre d’intérêt et nous faisons tout, plus
ou moins consciemment, pour attirer l’attention. Nous pouvons même tomber malade pour
être chouchouté et avoir une attention particulière.
– De se sentir utile, plus nous nous sentons indispensables, plus nous nous sentons aimés. « Il
n’y a que moi qui peut gérer cette situation », « que Maman qui peut calmer son enfant »,
« que Maman qui sait faire les valises », etc.
– Du bonheur de l’autre, plus nous nous occupons de l’autre, plus l’autre est heureux, plus
nous nous se sentons aimés. Nous nous en voulons si l’on déplait aux autres et nous sommes
dans la fusion.
Alors comment sortir de ces relations de dépendance sans basculer carrément dans l’indépendance ?
L’autonomie affective est différente de l’indépendance. Une personne autonome, n’est pas seule
contrairement à la personne indépendante.
L’idéal dans un couple c’est que les deux partenaires soient autonomes. Lorsque nous sommes
autonomes, nous sommes capables d’agir librement sans l’avis de l’autre. Nous n’attendons pas sur
notre partenaire qu’il comble nos besoins. Nous pouvons faire nos demandes clairement tout en
acceptant que l’autre ne puisse pas nous aider dans le moment présent. Nous nous sentons en
sécurité même lorsque nous sommes seuls. Notre sécurité nous vient de l’intérieur et nous
n’attendons plus sur notre partenaire pour donner cette sécurité. Cela peut paraître égoïste, mais si
l’on s’occupe librement de nos besoins sans empiéter sur les besoins des autres, nous ne sommes
pas égoïstes, nous sommes autonomes et libres.

Pour ma part, lorsque j’étais dans cette relation de dépendance affective, je me critiquais de l’être
mais lorsque j’envisageais de quitter mon mari, je pensais tout de suite ne jamais pouvoir me
débrouiller seule. Je m’imaginais seule, sans aide, sans savoir décider ce qui serait bon pour moi et en
pensant être incapable de gagner ma vie seule.
Lorsque j’ai travaillé sur moi avec ma thérapeute et durant la formation de l’école Ecoute ton Corps,
j’ai pu comprendre pourquoi j’avais la croyance qu’une femme devait se trouver dans une relation de
dépendance lorsqu’elle était mariée. J’étais dans un conflit intérieur entre mon désir d’être
indépendante et ma croyance qui me dictait qu’on ne pouvait l’être en étant mariée. J’ai été cherché
dans les comportements et attitudes de ma famille, grâce à la psycho généalogie, ce qui m’a permis
de transformer ce conflit interne en liberté et en autonomie.
Je me suis permise de reconnaître et accepter ma dépendance, accepter que j’avais décidé à un
moment de ma vie que les relations de couple ne pouvaient être que comme cela. J’ai accepté aussi
que je me sentais indispensable dans ma famille pour me sentir importante. Je n’avais aucune
confiance dans le fait de pouvoir gagner ma vie seule, de m’installer en cabinet et décider pour moi-
même.
En même temps, je craignais de changer, d’évoluer vers l’autonomie et que mon couple ne résiste
pas à ce virage, à ce profond changement.
Lorsque j’ai retrouvé de la confiance en moi, de la sécurité et que je me suis moi-même validée dans
mes choix, mon mari m’a regardé différemment, il est à présent fier de moi et se sent même soulagé
que je ne dépende plus entièrement de lui.
C’est un cheminement qui continue chaque jour par petits pas vers l’amour de moi.

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